“Le Lambeau” de Philippe Lançon

 

Seule la peur de sa perte nous permet d’éprouver le sens du présent. Ce récit en est la brillante et terrible démonstration. Le Lambeau n’est pas seulement le récit d’une expérience radicale – l’attentat commis le 7 janvier 2015 dans la rédaction de Charlie Hebdo – ni un journal d’hôpital – les neuf mois passés à la Pitié-Salpêtrière puis à l’hôpital des Invalides, les 17 opérations : c’est une autobiographie dans laquelle ces expériences sont l’occasion d’un retour réflexif sur soi (examen de conscience, autocritique) et sur son propre parcours. Dans sa poésie du quotidien et sa sincérité sans exhibition, c’est tout autant le récit d’un homme qui vient d’avoir 51 ans et se demande ce qu’il fait là.

Comment qualifier cette expérience du mal radical ? L’attentat annule le passé et obère l’avenir (« il est l’avenir qu’il détruit »). Non seulement il grave à jamais un avant et un après, mais il rend cet après, quel qu’il soit, impossible, comme si la mort avait déjà englouti la vie. L’attentat est l’évènement ultime : ce qui modifie les corps, les consciences, le sens du passé et le désir d’avenir. C’est ce qu’expriment deux autres membres de la rédaction de Charlie Hebdo, qui ont, eux, échappé à l’attentat – arrivés en retard à la conférence de rédaction ce fameux jour, ils ont croisé, impuissants, les terroristes dans la rue – dans leurs beaux albums dessinés (qui illustrent cet article) : Luz avec Catharsis (2015) et Catherine Meurisse ave La Légèreté (2016, dont Philippe Lançon a écrit la préface).

 

Comment la conscience peut-elle s’adapter à une situation unique, inenvisagée –  car, dans sa monstruosité, inenvisageable ? Philippe Lançon raconte ici non pas tant une histoire de renaissance ou de résilience, mais une histoire de métamorphose : « Les circonstances étaient si nouvelles qu’elles exigeaient un homme, sinon nouveau, du moins métamorphosé, au moral comme il l’était physiquement. » Un autre en lui se met subitement à grandir. À la perte de l’innocence répond la gain d’une personnalité nouvelle – qui sera désormais la seule, puisque l’évènement est sans retour. Dès le réveil après la première opération, il se compose l’attitude face aux autres – ces autres dont il est, en l’état, totalement dépendant – qui sera désormais la sienne : « un mélange de stoïcisme et de bienveillance », qui s’accompagne d’un certain « dandysme ». C’est une forme de survie. « Les chirurgiens allaient aider la nature à réparer mon corps. Je devais aider cette nature à fortifier le reste. Et ne pas faire à l’horreur vécue l’hommage d’une colère ou d’une mélancolie que j’avais si volontiers exprimées en des jours moins difficiles, désormais révolus. »

Le Lambeau n’est ni un livre politique ni un livre de colère. Lançon se refuse à analyser l’attentat. Il s'attache à constater les échos inattendus entre son ancienne et sa nouvelle vie, leur étonnante collusion. Il se souvient des voyages à Cuba, le pays tant aimé ; il se souvient du temps où il était grand reporter en Somalie ou en Irak : « Sans m’en douter encore, [j’avais] dit à peu près adieu à ce monde arabe dans lequel je commençais à me sentir à mon aise et qui, vingt-quatre ans après, sous une forme imprévisible et au cœur de Paris, allait me rattraper. » Le livre multiple remarquablement bien les allers-retours de conscience entre passé et présent. Les évènements banals du quotidien – la pièce de théâtre vue la veille, la routine du matin (en route pour le siège de Libération, s’arrêter pour acheter un yaourt liquide à Monoprix et le boire dans la rue en regardant les clochards sur leur banc) – semblent désormais extraterrestres. Ils n’entrent plus dans le cadre de la réalité nouvelle. L’attentat a détruit aussi cela.

 

Juste avant. Juste avant que les tueurs pénètrent dans la salle de rédaction, Lançon montre à Cabu un livre de photos de jazz, une passion commune. Juste après, il analyse : « Si Elvin Jones n’était pas mort, je n’aurais pas écrit cette chronique. Si je n’avais pas écrit cette chronique, Cabu n’aurait pas fait ce dessin. Si Cabu n’avait pas fait ce dessin, je ne me serais pas arrêté pour lui montrer ce matin-là le livre de jazz qui me l’avait rappelé. Si je ne m’étais pas arrêté pour le lui montrer, je serais sorti deux minutes plus tôt et je serais tombé à l’entrée ou dans l’escalier, j’ai cent fois refait le calcul, sur les deux tueurs. Ils m’auraient sans doute tiré une ou plusieurs balles dans la tête et j’aurais rejoint […] mes compagnons ». L’attentat est cet évènement dans lequel tout prend sens, qui donne du poids à chaque instant : le moindre détail devient symbole – comme les derniers mots d’un mourant se doivent de le rendre immortel. Comment raconter cela sans erreur d’interprétation rétrospective ? Comment replacer l’évènement dans son contexte quand il a lui-même annulé tout passé ? « Lorsqu’on ne s’y attend pas, combien de temps faut-il pour sentir que la mort arrive ? […] Si j’écris une phrase comme : j’ai cru un instant que nous avions des visiteurs imprévus, peut-être indésirables, je voudrais aussitôt la corriger selon une grammaire qui n’existe pas. Elle unirait toutes ces propositions et, en même temps, les éloignerait assez pour qu’elles n’appartiennent plus ni à la même phrase, ni à la même page, ni au même livre, ni au même monde. »  

Lançon montre ici combien la faculté d’adaptation à l’inouï est remarquable. Elle se manifeste dès la découverte – sur l’écran de son téléphone portable qu’il saisit pour appeler sa mère, quelques minutes après l’attentat – de son visage détruit : « J’ai eu quelques secondes d’accablement, mais elles n’ont pas duré. J’ai posé la main sous ma mâchoire, pour la tenir et pour la réparer, comme si en maintenant les chairs l’une contre l’autre elles allaient se ressouder, le trou disparaître et la vie continuer. » Il décrit parfaitement bien cet entre-deux de l’expérience, où l’on passe violemment de la vie ordinaire à l’extraordinaire de l’évènement. Le cerveau, lui, garde ses vieux réflexes : « Tandis qu’on emportait le blessé de guerre, le bon citoyen Lançon a pensé : "Quand j’arriverai à l’hôpital il faut qu’ils voient ces papiers, sinon ils ne s’auront pas qui je suis et ils mettront un temps à me rembourser – s’ils me remboursent ! Ils perdront mon dossier et ne me rembourseront pas. » La vie reprend toujours ses droits, armée du bon sens. La première chose dont il se préoccupe, c’est de récupérer son vélo resté dans la rue devant Charlie Hebdo, dont il a peur qu’il disparaisse, ou encore ses affaires ensanglantées abandonnées sur les lieux de l’attaque, désormais pièces à conviction et bientôt reliques. L’humour et la légèreté désespérée de l’auteur nous prennent par la main : ils nous permettent d’éprouver – intellectuellement – cette expérience (par définition incommunicable, unique dans sa singularité) ; ils nous la font partager en pensée. C’est par la description de petites choses du quotidien que l’auteur nous fait éprouver ce que nous ne pouvons justement pas vivre. L’attentat est la coupure radicale : de soi aux autres, et de soi à soi.

« Etais-je à cet instant un survivant ? Un revenant ? Où étaient la mort, la vie ? Que restait-il de moi ? Je ne pensais pas ces questions de l’extérieur, comme des sujets de dissertation. Je les vivais. […] elles me saturaient et je ne savais qu’en faire. Je ne le sais toujours pas et je ne crois pas écrire ce qui va suivre pour le découvrir ou pour me consoler d’avoir perdu, à part un gros bout de mâchoire, je ne sais trop quoi. Je cherche simplement à circonscrire la nature de l’événement en découvrant comment il a modifié la mienne. » C’est là qu’apparaît la dissociation, qui désormais ne le quittera plus, entre l’homme d’aujourd’hui et « l’homme d’avant », entre « celui qui n’était pas tout à fait mort » et « celui qui allait devoir vivre ». « Je ne savais pas lequel des deux vivait et je ne sais pas lequel des deux écrit. » « Suis-je à  la fois le détective, le témoin et la victime ? » Cette dissociation – mécanisme de survie qu’éprouvent souvent les victimes pour mettre à distance l’évènement traumatique – se matérialise à l’hôpital des Invalides, où tous les patients doivent adopter un pseudonyme : « Monsieur Tarbes » devient un autre Philippe Lançon, vivant une vie de lente renaissance à la vie. Comment s’habitue-t-on à l’inhabituel ? Lui qui, pendant longtemps, ne peut parler (alors qu’il se disait lui-même bavard), se met à communiquer en écrivant sur une ardoise, et ce nouveau mode de communication lui plaît. Lui qui écrivait des articles trop longs doit désormais faire court. Vu d’hôpital, sa « vie d’avant », à l’image de son appartement, lui semble un absurde capharnaüm de livres, une enfilade d’articles écrits sur des livres dont il a tout oublié.

 

 

Le voilà, cet homme nouveau : « un petit roi impuissant, immobile et improvisé, mais […] un roi malgré tout ». Son univers se réduit désormais à une chambre, dans laquelle le narrateur – appelons-le ainsi – organise sa vie, les visites de ses proches – chambre qui devient même un salon mondain, signe ultime du dandysme du désespoir. Rien n’existe en dehors de la chambre-monde. Il se retrouve incapable de lire (surtout pas la littérature contemporaine sur laquelle il écrivait), se désintéresse de l’actualité (lui qui était toujours plongé dedans). Et sera sauvé par la musique, le goût pour la peinture et la relecture de quelques classiques – la scène de la mort de la grand-mère chez Proust, toujours relue avant de descendre au bloc opératoire, les Lettres à Milena de Kafka, La Montagne magique de Thomas Mann.

S’installe alors ce qu’il nomme la « grammaire de chambre », qui se traduit par un usage répété d’expressions qui ne sont familières qu’à ceux qui ont vécu des situations similaires : « ma chirurgienne », « mes opérations » – avec cette appropriation amicale que l’on retrouve, dans la vie courante, quand on dit « je vais prendre mon bus ». « J’aurais voulu rester dans mes hôpitaux le plus longtemps possible. Ils me protégeaient et me sauvaient d’un mal que j’avais les plus grandes difficultés à comprendre et auquel je ne voulais, ni ne pouvais, opposer aucune fureur. » Cette personnalisation me rappelle le texte de Verlaine Mes hôpitaux (1891), chronique de sa déchéance, entre alcoolisme, pauvreté et violence (à la même période il écrit Mes prisons (1893), avant de mourir en 1896 à 51 ans). Lui aussi décrit ce presque confort de la solitude d’hôpital : « On s'habitue à cette vie comme monastique, sans, hélas ! l'oraison, et la règle suivie pour elle-même. Le lit vous pénètre. On y vit tout à fait. Même on y pense. Mollement souvent, parfois virilement et noblement. Le poète n'y dort pas, mais dehors c'est la même chose, excepté quand son lit est partagé dans certaines conditions de bonne fatigue. On ratiocine, on finit par ne plus regretter le dehors même ancien et dès lors regrettable au sens des gens non initiés. » Pour Lançon, la réalité hospitalière est devenue la seule qui existe pour lui, la seule qui fasse sens, son unique horizon, qui seule lui permet d’appréhender sa nouvelle vie. L’hôpital devient son foyer, au point qu’il en redoute la sortie : « Le bloc était une pièce de ma nouvelle maison. J’ignorais encore à quel point cette pièce me deviendrait familière, et même désirable. C’était la pièce où le corps changeait et où les autres, ceux du dehors, ne me suivaient pas. » La métamorphose est en cours ; dans le corps comme dans la vie, la greffe finit par prendre : « Cinq mois ont passé et je me suis approprié l’événement, le parcours chirurgical, qui ont fait de moi ce que je suis devenu. Je ne peux me passer de ce qui m’a aussi violemment transformé. »

Dès lors, plus de retour possible à l’ancienne vie. Les souvenirs heureux ne renvoient plus à aucune réalité tangible ; elle est bel et bien morte : ces souvenirs « n’étaient plus tout à fait les miens : ils appartenaient à cet homme qui, brusquement, s’était détaché de moi. J’étais devenu le produit d’une soustraction. » Les photos de lui qu’on lui montre lui semblent être celles d’un autre : « Il n’y avait pas assez de place dans cette chambre pour celui que j’étais et celui que j’avais été. » Comme dans les westerns, l’un des deux est en trop, et doit céder la place. Que mettre alors derrière le « moi », puisque pour savoir qui il est, il faut déterminer ce que l’attentat a modifié en lui ? La question « qui suis-je ? » fait place à la question « que suis-je devenu ? » L’individu n’est plus une entité fixe mais un être en devenir – pas encore achevé, pas encore abouti. Il ne s’agit pas de « réparer » le patient, de le faire correspondre à ce qu’il était avant, mais de façonner un homme nouveau : l’homme d’après l’attentat. « Quand j’écrivais au lit, avec trois doigts, puis avec cinq, puis sept, avec la mâchoire trouée puis reconstituée, avec ou sans possibilité de parler, je n’étais pas le patient que je décrivais ; j’étais un homme qui révélait ce patient en l’observant, et qui contait son histoire avec une bienveillance et un plaisir qu’il espérait partager. Je devenais cette fiction. C’était la réalité, c’était absurde et j’étais libre. Cette activité se payait naturellement sur la bête. Je finissais chaque chronique épuisé, suant, toussant, larmoyant. Le patient ressuscitait d’entre les mots et reprenait le dessus. » La première fois qu’il retourne dans son appartement, des mois plus tard, la coupure d’avec lui-même lui apparaît évidente : « celui que tu as été invite ici celui que tu es devenu, mais la visite aura lieu en l’absence du premier ; tu es dans l’appartement témoin de ta vie passée ». Chez lui, dans Paris, partout son nouvel état est celui d’un revenant : « Vous êtes entièrement chez vous et vous êtes un étranger ». Rien n’a changé, sauf vous.

 

Peu à peu, son envie de faire de la critique esthétique le quitte ; il constate qu’il est sans mémoire et sans jugement : « Je n’existais plus que comme un corps qui n’était pas tout à fait le mien, dans une vie qui n’était plus tout à fait la mienne, et dont la conscience accueillait sans morale, sans résistance, tout ce qui se présentait. » Il est l’heure de l’examen de conscience : « Je n’avais pas été un bien grand journaliste, sans doute par manque d’audace, de ténacité et de passion pour l’actualité, mais peut-être étais-je en train de devenir, ici, une sorte de livre ouvert : aux autres et pour les autres. Je n’avais rien à refuser et rien à cacher. » Lançon rejoint l’idéal de transparence, qui définit tout projet autobiographique, tel que Jean-Jacques Rousseau l’exprime au début de ses Confessions (1770) : « Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. Moi, seul. Je sens mon corps et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. » À Rousseau, il ajoute néanmoins un élément fondamental, qu’il tire de Proust (Contre Sainte-Beuve) : l’écriture, même autobiographique, émane toujours d’un autre « soi », et nous révèle « autre ».

 

En quoi un tel évènement nous qualifie-t-il ? Que fait-il de nous ? Passe-t-on de l’individu ordinaire à la victime, puis de la victime au héros, enfin du survivant au symbole ? « En aucun cas je n’aurais voulu obtenir de l’attentat, de la survie et de l’expérience, un pouvoir que leur absence ne m’aurait pas donné. » Lançon analyse bien ce qu’il nomme la « double peine » de la victime, « responsable non seulement d’elle-même, mais aussi de ceux qu’elle ne devait pas décevoir ». De même que le roi doit montrer qu’il est roi, la victime d’attentat doit montrer qu’elle l’est, et correspondre aux attentes : « Je devais être à la hauteur de ce qui avait lieu, depuis l’attentat jusqu’aux interventions successives en passant par les visites ».

« À partir du 7 janvier, ma vie ne m’a plus appartenu. Je suis devenu responsable de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, m’aimaient. Mes blessures étaient aussi les leurs. Mon épreuve était en indivision. » Une fois l’évènement accepté, le bilan tiré, comment avancer sans qu’il pèse de tout son poids mort ? Lançon l'exprime très bien dans la préface à l'album de sa consœur Catherine Meurisse, La Légèreté : « Tout ce que nous vivons depuis lors est filtré par l'évènement. Nos rêves, nos sentiments, nos expériences sont vécus à l'échelle du mur qu'il vient d'abattre sur nous. Le cyclone est passé, mais son œil est dans la tombe et nous regarde, nous juge, nous restreint, pour tout dire nous emmerde. Notre intimité, nos consciences, notre inconscient, tout flotte de travers et semble attiré vers le fond. Qu'est devenue la légèreté ? »

 

Comment redevenir un anonyme, s'interroge-t-il deux ans après dans Le Lambeau? « Comment faire pour ne pas devenir "vendeur" de cette expérience ? Comment ne pas l’utiliser comme un hochet, une marque, un produit d’appel ou un signe de reconnaissance, mais, au contraire, pour la détacher de moi-même ? » Il faut mesurer les échos que celle-ci a en lui : « isoler ce qui, en elle, prenait forme, jusqu’à en déposséder celui qui l’avait vécue – ou subie. » C’est accepter que l’évènement fait partie de lui, le définit et le constitue, mais au même titre que d’autres expériences, passées et à venir. Il ne s’agit plus de « se retrouver » – reconstituer l’intégrité physique et morale perdue – mais d’accepter l’autre que l’on est devenu. Non pas recommencer à vivre, mais accepter la nouvelle vie qui s'ouvre, le nouveau corps, l'identité nouvelle. Son identité de victime, de rescapé, de mutilé, dont il est désormais, à jamais, riche.

 

Écrire sur soi, c’est écrire pour chercher qui est là, qui parle, qui écrit, qui vit. Par l’expérience et par l’écriture, Philippe Lançon mesure les échos de l’histoire récente en lui et le poids des autres, ce « nous » que porte parfois le « je ». L’éprouvant, l’analysant, l’acceptant, il parvient à le transformer en un autre : son nouveau moi.

 

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